Il s’agit d’une jeune femme d’une trentaine d’années, art thérapeute, venue me voir au départ pour vérifier son choix professionnel.
A la fin de la deuxième séance, elle me confie qu’elle est consciente qu’elle a vécu, enfant, un grand traumatisme associé à la peur. Elle a découvert cela en analyse, sans avoir jamais pu mettre des mots sur cette peur.
Elle me demande si je peux tenter de l’aider avec la psychophanie. On commence tout de suite :
1ere étape :
Bateau sur l’eau, la rivière la rivière,
Bateau sur l’eau, la rivière au fond de l’eau
Petite fille pleure tarte aux pommes mal digérée
Maman n’est pas là
Honte et chagrin me minent
J’ai froid sur le corps qui tremble de peur
Maison dans le noir
Je fuis la nuit qui s’écoule lentement devant moi
Pardon. Silence du feu en moi, qui me tais
Chut…
Pendant la frappe, j’ai eu la vision d’une petite maison au bord de l’eau.
La personne me dit que le texte lui fait remémorer une agression qu’elle a vécu dans l’enfance, et dont elle a oublié la teneur. Je perçois une grande émotion et nous décidons, d’un commun accord, d’en rester là pour cette fois. Nous reprenons rendez-vous.
2eme étape :
Chemin faisant vient vers moi trouble fête de mes joies
Détour du chemin m’amène souffrance d’enfant
Il est là qui regarde mon corps d’enfant brûlé
S’en est fini de ma paix d’enfant
Je hais ses mains velues de singe
Grimaces en moi
Je pleure et je rigole pour oublier contact physique répugnant
Où est maman ? J’ai peur et je pleure seulette
Je suis mamour et tant pis pour moi si je ris blessée
Je veux grandir dans la paix du corps esprit
Futile est le reste
Vivre ma vie je dois aujourd’hui, allez !
On essaie d’aller plus loin, de savoir ce qui s’est passé avec cet homme.
Tristesse m’étreint
Homme velu me veut
Touche lui moi qui me dégoûte des gouttes de lui
J’ai peur dégoût d’égout en moi
Force d’erreur en moi qui m’en veux
Comment pardonner en moi l’intrusion du dégoût
Stop, fini, laisse-moi un peu.
Nous arrêtons la séance et remettons à une prochaine fois. La personne est très émue.
3eme étape :
Pleure, pleure, la fillette blondette, rieuse avant cela
Difficile d’avaler les maux des mots grossiers qui la souillent
Bavure infecte coule de sa bouche retient son souffle
Ignominie veut sortir de moi
Gaîté partie velu parti oublié dans le fond de mon tiroir
Mon mouchoir à carreaux est sali pour toujours
Douleur en moi veut finir et cela se fera bientôt
Avec l’aide de Dieu d’amour du Haut
Divin en moi fera place à blessure du ventre câlin
Honte à bannir je le veux
Joie sera si je ris du dedans pour panser mes blessures de tristesse
Royal chemin s’ouvrira alors
Extirper la honte je veux
Souillure de bouche doit guérir
Trop plein de haine doit sortir
Ventre velu me souviens
Du bord de mer était homme velu rugit
Haine de moi me terrasse
Pare choc je dois mettre.
Trois semaines après, la jeune femme revient, heureuse d’une expérience amoureuse qu’elle a faite durant les vacances de Noël. Elle paraît très épanouie et frappe :
4eme étape :
Fureur de vivre vrombissement du corps
Gaîté m’habite
Je jouis de la vie en moi
Je ris dedans
Ma vie s’écoule comme l’eau de la fontaine
L’homme arrive qui m’étreint et caresse mon ventre
Je suis joyeuse et l’étreint aussi
Vie de moi est joyeuse
Je veux aimer tendrement et caresser le ventre
J’aime l’homme qui vient me prendre
Je n’ai plus peur de rien, plus peur de mon corps
Léger et serein
Rien ne s’oppose, rien ne retient mon plaisir
Je suis bien dans ma peau douce
Facile maintenant
De vivre mon corps. Merci.
La personne me dit qu’elle se sent libérée, qu’elle a vraiment le sentiment d’être passée à autre chose.
On peut considérer qu’elle ne pouvait trouver la paix sans avoir mis des mots sur sa souffrance, ce qu’elle a réussi à faire à travers ses textes en psychophanie.